Balade aux Phares Ouest / Jacques Masse

par Jacques MASSE  -  22 Novembre 2022, 11:04  -  #2022, #Découvertes

   J’ai toujours été impressionné par les phares.

 

   Hormis l’apparence de force et de puissance que procure leur architecture phallique, les phares sont également des balises de lumière. Une lumière pour guider l’humain lorsqu’il est dans la tourmente. Une lumière pour informer de la proximité du danger. Et souvent une lumière pour dire aux hommes que la fin du voyage est proche. La lumière, ça parle toujours aux photographes ; c’est grâce à elle que nous avons construit nos vies professionnelles ….

 

   Début octobre, avant de venir vous rejoindre dans le Morbihan, Françoise et moi avions décidés de nous balader sur « la route des phares ».

 

  Dans l'Ouest lointain (Fare West) de la Bretagne, tout au nord du Finistère, se trouve une des plus fortes concentration de phares au monde !

 

   Sur quelque dizaines de kilomètres de littoral entre La Pointe de Pontusval, à côté de Brignognan-Plage et la Pointe de Tourlinguet, à côté de Crozon, pas moins de 17 phares à découvrir.

 

   Notre périple s’est déroulé sur 5 jours, riches en découvertes touristiques, humaines et gastronomiques dont je ne parlerai pas dans cet article uniquement consacré à la découverte des phares.

Jacques Masse

 

1 - Le Phare de Pontusval

 

   Les rivages du pays « Pagan » ont toujours été redoutés par les marins du fait de ses roches granitiques érodées par la mer et de ses forts courants. La tradition attribuait à cette côte la réputation de « Côte des naufrageurs ». Décidée fin 1867, l’édification du phare fut conduite rapidement avec les matériaux du pays. Depuis 1969, du haut de ses 18 métres, le phare de Pontusval, situé à l’extrémité d’un promontoire granitique, accomplit fidèlement sa mission avec une portée d’environ 18 Km.

 

 

2 et 3 – Les Phares de l’ile vierge

 

   Situés sur une petite île à seulement quelques encablures de la pointe de Kastel Ac’h, les deux phares de l’île vierge surveillent le large.

   Le petit phare a été construit entre 1842 et 1845 pour signaler l’entrée de Aber Wrac’h.  C’est une tour carrée de 33 mètres de haut avec à sa base un bâtiment qui servait de logement au gardien et qui est actuellement en cours de réhabilitation pour en faire un gîte touristique.

   Le grand phare fut mis en service en 1902. D’une hauteur de 82,50 mètres, c’est le plus haut phare d’Europe et le plus haut phare du monde construit en pierres. Sa portée lumineuse est de 43 Km,

   La dernière relève de gardien a eu lieu en 2010, après quoi le phare est devenu totalement automatisé. Les gardiens l’appelait le purgatoire, entre l’enfer (les phares en mer) et le paradis (les phares à terre).

   L’accès se fait en bateau, ou à pieds les jours de grande marée.

 

Coucher de soleil sur l’Aber Wrac’h

 

4 – Le Phare de l’Ile Wrac’h

 

   Également situé sur une petite île à 500 mètres au large de Saint Cava, le phare de l’île Wrac’h fut mis en service en 1845. Avec selement14 m de haut sa portée lumineuse est environ de 11 Km.

 

 

5 – Le Phare du Four

 

   C’est un phare en enfer : Construit sur la « roche du Four », située en pleine mer à environ 1800 m de la presqu’île de Saint Laurent je n’ai pas pu l’approcher et il y avait trop de vent pour faire voler mon drone. J’ai du utiliser un téléobjectif de 300 mm pour pouvoir le photographier depuis le terre. Mis en service en 1974 il est construit en pierre de taille, sa hauteur est de 28 m et il peut éclairer jusqu’à 45 km.

 

6 – Le phare de Trézien

 

   

   Celui là est au Paradis. Le phare de Trézien est implanté dans les terres, à 500 mètres du rivage et à 1,5 kilomètre de la pointe de Corsen, sur la commune de Plouarzel. Ce phare directionnel délimite l’océan Atlantique de la Manche ; il est aligné sur le phare de Kermorvan et il permet depuis 1892 de franchir en sécurité le chenal du Four. D’une hauteur de 37 m, sa portée est d’environ 32 km.

 

 

 

7 – Le Phare de Kerm

 

 

   Situé à l’extrémité de la presqu’île de Kermorvan, ce phare est situé à quelques kilomètres au nord-ouest du port du Conquet et on ne peut y accéder qu’à pied.

Mis en service en 1849 et d’une hauteur de 20 m, sa portée est d’environ 40 km. Il est aujourd’hui  télécommandé depuis Ouessant.

   Après une nuit passée au Conquet, nous embarquons pour l’île d’Ouessant qui possède à elle seule 5 phares, raison pour laquelle on la surnomme « l’île sentinelle ».

 

8 – Le Phare de Kéréon

 

   

   Lui aussi est en enfer (en pleine mer) à 3 km au sud est de l’île d’Ouessant. Ce phare fut édifié en 1910 grâce au lègue d’une généreuse donatrice dont le grand-oncle, Charles-Marie le Dall de Kéréon fut guillotiné pendant la révolution à l’age de 19 ans. Les conditions très difficiles de sa construction en font le plus coûteux de tous les phares français. Mis en service en 1916, d’une hauteur de 48 m, son feu blanc éclaire à 36 km, tandis que le rouge n’a qu’une portée de 18 km (feu à secteurs blanc et rouge à (2+1) occultations toutes les 24 s ). Une première série de photos faites depuis  le bateau qui effectue la traversée quotidienne entre Le Conquet et Ouessant témoigne des conditions difficiles de son approche.

 

   Une deuxième série de photos faites au 300 mm depuis le rivage d’Ouessant n’est pas beaucoup plus réussie…

 

 

9 – Le Phare du Stiff

 

 

   En 1699, Vauban décida d'élever au sommet de la falaise du Stiff, point culminant au nord-est de l'île d'Ouessant, deux tours tronconiques accolées, l'une abritant l'escalier, l'autre les logements des gardiens et le magasin de stockage du charbon. Il est un des 6 premiers phares construits par Vauban et un des plus anciens phares de France encore en activité. D’une hauteur de 32 m son feu rouge à 2 éclats groupés tournants toutes les 10 secondes éclaire jusqu’à 44 km.

 

10 - Le Phare du Créac’h

 

 

   Ce phare fut construit en 1863 au sommet de le pointe de Créac’h, au nord-ouest d’Ouessant. D’une hauteur de 47 mètres, c’est le plus puissant d'Europe. Les bâtiments qui le jouxtent abritent le très intéressant Musée des Phares et Balises.

   Ses deux lanternes superposées émettent un signal lumineux de huit faisceaux d’une portée de 60 kilomètres environ.

 

 

 

 

11 - Le Phare de Nividic

 

 

   Le phare de Nividic est situé à 500 m au large du chaos granitique de la pointe de Pern, à l'ouest de l'île d'Ouessant. Il est le point le plus à l'ouest de la France métropolitaine et doit son nom au rocher sur lequel il est construit : le Leurvaz an Ividig.

   Mis en service en 1912, d’une hauteur de 36 m, sa portée est de 19 km.

 

 

 

 

12 – Le phare de la Jument

 

 

   Le phare de la Jument est situé à 1800 m au large d’Ouessant, en mer d'Iroise au sud-ouest de l’Ile. Il fut érigé entre 1904 et 1911 sur le récif d'Ar Gazeg (la jument en Breton). Construit en béton et en briques. Il mesure 47 m et sa portée est de 40 km. Il est automatisé depuis 1991.

   Retour au Conquet le soir même et poursuite de notre périple sur la route des phares dés le lendemain.

 

 

13 - Le Phare St Mathieux

 

 

  Le phare de Saint-Mathieu est situé sur la pointe Saint-Mathieu, à Plougonvelin, à 3 km au sud du Conquet. Construit en 1835 dans les ruines d'une ancienne abbaye bénédictine, c’est un phare majeur de la côte française dont la portée théorique est de 50 km. D’une hauteur de 27 m, il est en maçonnerie lisse et malgré sa fière allure proprette rouge et blanche, je trouve regrettable que nos ancêtres aient décidés de le construire au beau milieu d’un site architectural aujourd’hui classé. Il eut sans doute été tout aussi efficace, implanté 250 mètres plus loin …

 

 

14 - Le phare du Petit Minou

 

 

   Il est surtout destiné à indiquer par une lumière rouge le « plateau des Fillettes » (ça ne s’invente pas ...), l'une des roches immergées du goulet de Brest. Les marins utilisent d’ailleurs ce moyen mnémotechnique : « Le Minou rougit quand il couvre les Fillettes ». Il se trouve en avant du fort du Petit Minou, sur la commune de Plouzané. Son nom viendrait de min (pointe, en breton), au pluriel. Haut de 26 mètres, allumé en 1848 il est automatisé depuis 1989 et commandé depuis Brest. Sa portée est de 36 km.

 

15 - Le phare du PORTZIC 

 

   Le phare du Portzic est situé à l'extrémité nord-est du goulet de Brest sur la pointe de Portzic. C'est le phare le plus proche de la ville de Brest. Mis en service en 1848, c’est une tour octogonale en granit. Il a été automatisé en 1994. D’une hauteur de 35 m, il peut éclairer jusqu’à 40 km.

 

 

16 - Le Phare de Tourlinguet

 

 

   Le phare du Toulinguet se situe à l'extrémité ouest de la presqu'île de Crozon sur la commune de Camaret-sur-Mer. C'est une maison-phare qui a été bâtie sur la pointe du Toulinguet en 1848 et a été mise en service en juillet 1849. Un sémaphore de la Marine Nationale est installé dans l'enceinte, non loin du phare. Implanté en zone militaire il n’est pas possible de s’en approcher et je n’ai pas osé le survoler avec mon drone par crainte de me le faire confisquer… D’une hauteur de 14 m il peut éclairer jusqu’à 24 km.

 

17 - Le Phare du Kador

 

 

   C’est le dernier phare de notre ballade aux phares ouest. Situé à la pointe du Kador à 2,5 km au sud de Crozon, sa tour n'est pas très haute (15 m). Mais sa construction sur la falaise de Morgat en fait toutefois culminer la lanterne à 75 m au-dessus des plus hautes mers. Il a été allumé pour la première fois le 9 avril 1914 et sa portée lumineuse est aujourd’hui de 27 km.

 

 

   Après avoir découvert 17 phares sur une toute petite partie du littoral Breton, nous nous dirigeons maintenant vers Erdeven dans le Morbihan ; mais là, vous connaissez la suite.

Jacques Masse

C
Super Jacques ton reportage. En ce 31 décembre de l'an de grâce 2022, dernier jour de l'année où le vent souffle en rafale sur les côtes du Finistère et du Morbihan autour de 100 km /h, nous mesurons mieux grâce à tes photos aériennes spectaculaires et finalement réalisées avec relativement peu de moyens le poids d'humanités vécues - contre vents et marées, souvent dans la solitude - qui se cache derrière chacun de ces monuments. Cela mérite respect et gratitude. Merci à tous les deux pour cet émouvant pèlerinage.<br /> Bien cordialement,<br /> Denis Carel
Répondre
P
Merci Jacques pour le partage de votre tournée des PharesOuest. Très grande qualité des images, avec le bonus apporté par les vues drone comme le souligne Gérard. OUI on est preneur d'autres sujets.
Répondre
P
Voilà un beau sujet bien documenté. Compliments à Jacques pour sa maîtrise d'un drone photographique qui apporte une dimension "aérienne" à ses images.<br /> On en veut encore...
Répondre
C
Après Christian et les cadrans solaires, nous avons désormais Jacques et les phares bretons.<br /> Superbe reportage, nous attendons la suite.
Répondre