Changement de fréquence (8)

5 Mars 2010, 17:30  -  #VU d'ailleurs

Note de l'auteur:

L'épisode annoncé précédemment « Le Cœur de Jade » est déplacé en neuvième position.
Une transition s'est avérée nécessaire en cours de rédaction.

Cette transition sera intitulée d'après un usage radio-amateur « Changement de fréquence ».

 

 

Histoire d'une expatriation

                                                                                        par Gérard Petiot    

 

Huitième épisode: CHANGEMENT DE FRÉQUENCE

 

Oui, faut voir...

Mais c'était déjà tout vu puisque:

J'avais signé avec un organisme de recherche outre-mer pour vivre et travailler outre-mer, et au cours des années, je m'étais quelque peu adapté et spécialisé à la zone inter-tropicale, alors Bondy ce n'était pas trop ma tasse de thé...

 

L'année d'avant, j'étais justement passé à Bondy pour voir ce que c'était que ce "Laboratoire Central". Les locaux qui m'étaient destinés étaient en sous-sol, sans fenêtres avec un plafond que je pouvais presque toucher du bout des doigts. Fini, les grands espaces, les savanes, la forêt tropicale, les lagunes, les virées en brousse à la découverte, les photographies aériennes en hélicoptère, les missions sur le navire océanographique Capricorne, la pêche au gros, la chasse avec mes épagneules bretonnes. Ce sera dorénavant de grandes bouffées de dérivés phénoliques et le retour des dermatoses aux mains... parce qu'il n'y avait pas de budget pour acheter des machines de traitement couleur, toujours pareil.

 

Et pour bien enfoncer le clou lors de cette visite de reconnaissance, le midi j'étais passé à la cantine de l'établissement. Je prend un plateau et je m'installe à une table d'où je me fait poliment virer, ici chacun à sa place réservée. J'arrive à me caser dans un coin et là j'interroge mon voisin, vêtu d'une blouse grise. - « Pourquoi certaines personnes sont en blouse grise et d'autres en blouse blanche? » - Réponse: « Ici les techniciens n'ont pas droit à la blouse blanche, réservée aux chercheurs ».

Wouaouh!

Panique du Gégé, habitué à une belle blouse blanche de photographe (c.f. celles de Pierre Poppé et Hubert Petit de Mirbeck pendant le bizutage à Vaugirard). Pas glop.

 

A Adiopodoumé, le Directeur m'avait précisé que c'était une promotion sur le plan technique mais pas sur le plan salarial (sic). Tu parles, j'allais perdre la prime d'expatriation et voir mon salaire réduit de presque la moitié et à Paris je n'avais ni logement ni voiture, ni relations.

 

J'avais demandé à partir dans un autre centre Orstom, au Gabon ou en Nouvelle Calédonie, à Pétaouchnok ou ailleurs au soleil... Niet.

Et puis j'en avais assez de « laver des photos ». En RCI, on ne dit pas développer des photos mais laver des photos! Je crois que l'expression aurait beaucoup plus à Monsieur Lécaille. 

 

Alors je décidai de rester en Côte d'Ivoire, et envoyai ma démission.

Changement de fréquence.

 

Bien entendu entre temps j'avais étudié la question avec Min ma compagne Malaisienne, botaniste mais sans emploi réel. Elle bricolait vaguement auprès de l'Université d'Abidjan qui n'avait pas de vrai poste pour elle.

Nous en avons aussi beaucoup discuté avec des amis français.

Il y avait deux gros magasins/labos photo à Abidjan qui occupaient totalement la place, bien implantés depuis longtemps, donc pas question d'aller jouer dans leur cour. L'un représentait Kodak, l'autre Agfa. Ils me connaissaient bien, j'étais leur client et ils couvraient tout ce qui peut se faire en photographie.

Le propriétaire de l'un deux voulait prendre sa retraite et m'a proposé de racheter son fond de commerce mais une petite enquête m'a fait découvrir qu'il cherchait surtout à me refiler les ardoises qu'il avait dans le pays avant de se retirer en douce. Ses affaires n'allaient pas si bien que sa villa somptueuse au bord de la lagune le laissait supposer.

Donc on allait oublier la photographie et la botanique pour un moment.

Il nous fallait donc nous lancer dans une activité à notre compte qui nous emploierait tout les deux. Il fallait que ce fût une activité rentable très rapidement après l'ouverture parce que le fond de réserve était maigre; Un commerce où les clients paient cash et ne nécessitant pas un stock ruineux qui se démode.

On avait mis en route la machine à cogiter, il fallait faire vite, et mettre à profit mes derniers quatre mois de congé, après ce serait un pied dans le vide et l'autre dans rien....

Les copains, les amis ont participé et nous avons alors vérifié une loi physique remarquable: quand on a le dos au mur, on ne peut aller qu'en avant. Toute pelote Basque pourra vous le confirmer.

Alors en route vers de nouvelles aventures...

 

A suivre dans le neuvième épisode: LE CŒUR DE JADE
(qui a dit l'Arlésienne? Mauvaise langue...)

 

Rosine 10/03/2010 19:00


Ca fait du bien de retrouver les copains après trois semaines d'hôpital et comble de l'horreur......sans internet et sans pouvoir lire les textes des copains sur le blog.
Gérard, tu nous fait languir, mais malgré tout, je me suis régalée. Et alors.... et alors...... ?
Zoro est arrivé..............   


roland dreyfus 07/03/2010 01:22


Je suis heureux d'avoir retrouvé le futur Goucourt !


Gérard 06/03/2010 03:27


L'eau à la bouche... Hé!Hé! ça me rappelle une chanson.
Tu chauffes Bibi,non pardon: Minouche, et quand je dis que tu chauffes, vous verrez à quel point c'est vrai. Mais qu'est-ce qu'il est-il en train de nous mijoter çui là se disent les lecteurs, la
langue pendante et la lippe baveuse... 


michele chevallier 05/03/2010 19:21


Tu nous mets l'eau à la bouche (c'est le cas de le dire) on attend " le coeur de jade" !! tu gagne du temps , tu nous fait languir .... Vraiment Gérard, c'est toujours sympas  tes trucs. La
1ère à faire le commentaire c'est Bibi. !! Minouche