CéKoiSulaFoto N° 56 : les réponses

10 Février 2015, 10:48  -  #Réponses CékoiSulaFoto

jeanveber alphonse allais

 

Une nouvelle fois, le tandem Michèle-Alain est venu rapidement à bout de la triple énigme proposée par Denis. Grand BRAVO.

Réponses : 1/2 : une caricature d'Alphone Allais réalisée par Jean Veber.

3/ Alphone Allais et son ami Charles Cros , recherches sur la trichromie.  

 

Claude B. était sur la piste, mais pour une raison mystérieuse, il n'a pu mettre en ligne ses solutions dans les commentaires. Il avait 2 bonnes réponses.

phP      

 

 

Et voici de nombreuses précisions apportées par Denis , bonne lecture .      

 

 

A Propos d’Alphonse Allais

 

               Fils d'un pharmacien de Honfleur et cadet d'une fratrie de cinq enfants Alphonse Allais est un journaliste, écrivain et allais-alphonse.jpghumoriste français né le 20 octobre1854 à Honfleur (Calvados) et mort le 28 octobre 1905 à Paris. Célèbre à la Belle Époque, reconnu pour sa plume acerbe et son humour absurde, il est notamment renommé pour ses calembours et ses vers holorimes. Il est parfois considéré comme l'un des plus grands conteurs français. Jusqu'à l'âge de trois ans, il ne prononce pas un mot, sa famille le croyait muet. À l'école, Alphonse semble plutôt se destiner à une carrière scientifique: il passe à seize ans son baccalauréat en sciences. Recalé à cause des oraux d'histoire et de géographie, il est finalement reçu l'année suivante. Il devient alors stagiaire dans la pharmacie paternelle, mais ses expériences et ses faux médicaments ne sont pas du goût de son père, qui l'envoie étudier à Paris. En fait d'études, Alphonse préfère passer son temps aux terrasses des cafés ou dans le jardin du Luxembourg, et ne se présente pas à l'un des examens de l'école de pharmacie. Son père, s'apercevant que les fréquentations extra-estudiantines de son fils ont pris le pas sur ses études, décide de lui couper les vivres. Pour subsister, il s'essaye d'abord à la photographie

(Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Allais).

 

 

Ses liens avec Charles Cros (un extrait de la préface du livre « Alphonse Allais – Les 150 meilleurs contes - La logique mène à tout » – Auteur : François Caradec - Pierre Horay Editeur- 1976)

 

‘’… En 1875, Alphonse Allais, stagiaire en pharmacie, effectue son volontariat d’un an au 119 ème de ligne, à Lisieux. La même année, il commence à écrire des « combles » et des calembours dans le Tintamarre, hebdomadaire satirique dirigé par Léon Bienvenu, dit Touchatout ;  il y fait la connaissance de Charles Leroy, inventeur du Colonel Ramollot, qui publie pour le moment au fil des semaines Cent mille manières de s’amuser en embêtant les autres, et qui épousera la sœur d’ Alphonse Allais en 1978.

En 1876, Allais prend sa première inscription à l’Ecole de Pharmacie ; il est reçu à ses quatre premiers examens, mais encore et surtout, il rencontre Charles Cros, de douze ans son ainé, auteur d’une Solution générale du problème de la photographie des couleurs (1869) et inventeur du phonographe (1877).

Alphonse Allais dont la présence est signalée en 1878 aux soirées de Nina de Villard**, reconnaît chez son nouvel ami ses propres préoccupations. C’est Mathilde Allais, l’épouse de Charles Leroy, qui a raconté les expériences (parfois pyrotechniques) de ses frères Alphonse et Paul-Emile lors de leur premier stage à la pharmacie paternelle, à Honfleur :

 

Voici pourquoi Charles Cros lui en fait voir de toutes les couleurs …

            « Mon rôle actif se bornait à leur procurer des gazes de différentes couleurs ce qui du reste, n’était pas une sinécure, car je n’arrivais pas du premier coup à les satisfaire ;  l’orangé était trop pâle, le violet trop foncé, le bleu trop vif ou quelque chose d’analogue. Je crois, sans pouvoir l’affirmer, qu’il fallait, pour leurs expériences, toutes les couleurs du prisme. Ils posaient leurs gazes les unes sur les autres de façon à reconstituer la lumière blanche, et ils les orientaient de différentes manières pour obtenir les effets voulus. »

            Mathilde Leroy-Allais affirme qu’elle a eu en sa possession deux photographies en couleurs qu’Alphonse Allais avait réalisées avec Charles Cros, un bouquet de fleurs et un coin de châle-cachemire ; et Allais poursuivait avec lui, à Paris, ses propres expériences de synthèse des pierres précieuses. On comprend mieux qu’à la mort d’Alphonse Allais, en 1905, Le Journal rappelle que ses avis étaient appréciés d’Henri Moissan, prix Nobel, qui avait réussi en 1893 à fabriquer au four électrique des cristaux microscopiques de diamant.

Les travaux d’optique, de physique et de chimie d’Alphonse Allais seraient bien oubliés aujourd’hui s’il n’avait pas été « un grand écrivain » comme le note Jules Renard dabs don Journal. Ceux de Charles Cros aussi, s’il n’avait été poète. Mais l’humour d’Alphonse Allais n’aurait pas non plus été ce  qu’il fut si la double personnalité n’avait reçu l’influence de celles de son ami : ce double quatuor à deux devait avoir les conséquences les plus heureuses…’’.

NB. A signaler : Chaque samedi après-midi à Honfleur, des visites gratuites du Petit Musée d'Alphonse (laboratoire des potards Allais) seraient proposées dans l'arrière-boutique de la pharmacie du Passocéan, lieu de naissance d'Alphonse Allais. Par ailleurs, signalons également l'Association des amis d'Alphonse Allais (AAAA) qui est une organisation regroupant des personnes qui apprécient l'humour d'Alphonse Allais.

Voir : https://jeanpierrecolignon.wordpress.com/2014/05/26/association-des-amis-dalphonse-allais-aaaa/

 

(**) Anne-Marie Gaillard, dite Nina de Villard de Callias, Nina de Callias ou Nina de Villard, née le 12 juillet 1843 à Lyon et morte le 22 juillet 1884 à Vanves, est une salonnière et poétesse française – (voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nina_de_Callias)

 

 

 

A propos de Charles Cros …

 

            Charles Cros, né le 1er octobre 1842 à Fabrezan (Aude)1, originaire d'une famille de Lagrasse (Aude), et, mort le 9 cros charlesaoût 1888 dans le 6e arrondissement de Paris2, est un poète et inventeur français. Charles Cros possède son musée à Fabrezan.

Passionné de littérature et de sciences, il est pendant un temps, de 1860 à 1863, professeur de chimie à l'Institut parisien des sourds-muets, avant de se consacrer à la recherche scientifique.

En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique à la suite de ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe.

En 1869, pratiquement en même temps que Louis Ducos du Hauron, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie****.

Charles Cros est également lié à l'histoire de Sablé-sur-Sarthe (72) : il y a séjourné en 1877, invité par le duc de Chaulnes, alors propriétaire du château de Sablé ***, afin d'approfondir ses travaux sur la photographie des couleurs. De nombreux documents ou sites parlent de l’œuvres de Charles Cros. Voir déjà : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Cros

(***) -  NB.  Bon à savoir …

‘’Le château de Sablé accueille depuis les débuts des années 1980 un centre technique décentralisé de la Bibliothèque nationale de France destiné à la conservation et à la restauration des documents imprimés : le centre Joël Le Theule (du nom de Joël Le Theule, homme politique natif de Sablé), en application des recommandations faites dans le rapport Caillet.

Ce rapport de 1979 a donné la volonté de sauver un nombre élevé de livres ce qui supposait l'application de techniques particulières et l'adaptation de techniques plus traditionnelles. On recense dans le centre technique de Sablé les activités suivantes :

  • Le catalogage
  • La numérisation
  • Traitement chimique
  • Conservation préventive et restauration
  • Reliure originale

La numérisation de masse remplace dès 2007-2008 la reproduction argentique des collections d'imprimés, tandis qu'une autre forme de numérisation plus fine reproduit des documents spécialisés tels que les manuscrits, les cartes, les affiches anciennes, les daguerréotypes, les autochromes, les papiers peints anciens etc.

Le traitement chimique a pour mission de traiter en neutralisant l'action des acides qui rongent le papier, mais ce système n'est pas satisfaisant.

La restauration consiste à redonner au papier une résistance mécanique. C'est le rôle du doublage à l'aide d'un matériau neutre transparent. Le document est alors prêt pour retrouver un aspect plus proche de son aspect d'origine.

La reliure est destinée à fournir une protection de longue durée à ces papiers fragiles.

La mission du Centre de Sablé est de contribuer à la conservation du patrimoine imprimé et manuscrit etc., moderne ou contemporain et à sa transmission aux générations futures. Le château peut être visité lors des Journées européennes du patrimoine au mois de septembre (se renseigner).

(Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Sabl%C3%A9) et  http://jeanpaul.legrand.free.fr/sable/cros/crostitre.html )

 

(****) Voir également http://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Prokoudine-Gorski

 

 

 

 

 

A propos du dessinateur…

 

Jean Veber
Caricature d'Alphonse Allais

Caricature d'Alphonse Allais

Format 20,7 x 22,5cm

(Pour ce document, voir site Galerie Michel Lagarde - http://www.michellagarde.fr/oeuvre/379/jean-veber.html)

 

          Jean Veber auteur de cette caricature est né à Paris en 1864. Peintre de formation, il devient dessinateur quand son frère Pierre Veber* le pousse à rejoindre son journal, Gil Blas. Il travaille pour le journal l'Assiette au beurre. Certains de ses dessins font scandale, comme par exemple ceux du numéro 26 daté de 1901, consacrés aux camps de reconcentration du Transvaal. Ces dessins des camps de reconcentration du Transvaal, malgré certaines outrances anglophobes, apparaissent comme des visions prophétiques de tous les grands crimes de masse du XXe siècle. Les dessins fantastiques et morbides de Jean Veber constituent certainement la part la plus saisissante de son œuvre. Bien avant les surréalistes et le développement de la science-fiction, et tout en prenant racine chez Goya, Daumier et les Hollandais, il explore par le dessin et l’humour un univers « sociétal » à la narration balzacienne que n’auraient peut-être renié ni Dickens, ni Victor Hugo, ni Zola, d'une puissance et d'une étrangeté incomparable au cœur de la condition humaine. Jean Veber décède en 1928.

(*) Né le 15 mai 18691 à Paris 2e, et mort en 1942, il a été dramaturge, auteur de romans et de contes humoristiques, et critique de spectacle. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Veber

Pour une biographie plus complète, voir :   http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Veber

On trouvera de nombreux dessins de Jean Veber sur le site : http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=1&lang=FR&q=Jean+Veber

Et plus généralement sur la caricature, voir également : http://www.caricaturesetcaricature.com/

 

 

   

Jacques Masse 12/02/2015 16:58


Magnifique documentation sur les trois protagonistes de cette énigme.


Bravo et merci Denis.

michele chevallier 10/02/2015 11:32


Alors là  chapeau  ! à Michèle et Alain. Ils sont très forts . moi j'étais bien loin .  rien trouvé du tout.


Juste pour vous dire que j'ai suivi vos commentaires . Amicalement à tous les participants et à Denis pour cette énigme.. Minouche